La marche « Ensemble pour la sécurité des femmes ! » – Bucarest, le 20 octobre

Le Samedi, 20 octobre 2018, à partir de 15h00, a lieu à Bucarest la marche « Ensemble pour la sécurité des femmes ! »

Le départ se fera de Piața Universității, le Parc Colțea, vers Piața Victoriei.

Organisateur : Le Réseau pour la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes (violentaimpotrivafemeilor.ro)

MARCHONS ENSEMBLE !

#STOPVIF

Il faut dire à chaque femme : TU N’ES PAS SEULE !

Chaque action de condamnation de la violence faite aux femmes nous rapproche d’un monde dans lequel les femmes vivent en toute sécurité.

Nous voulons montrer notre solidarité avec toutes les femmes qui ont dû subir ou qui subissent des actes de violence.

Nous souhaitons dénoncer publiquement la violence faite aux femmes et condamner le comportement des agresseurs. Chaque jour nous sommes témoins d’agressions contre les femmes, agressions qui restent impunies par la communauté ainsi que par l’Etat roumain.

Les femmes sont prisonnières d’une culture de la violence dans laquelle les victimes sont systématiquement accusées, stigmatisées, blâmées.

 

LES STATISTIQUES MONTRENT QUE :

– 26% des crimes ont été perpétrés dans le cadre familial en 2017 (cf. données du Ministère Public, de Police et de la Médecine Légale);

– des 36 245 faits de violence en famille dénoncés en 2017, seulement 4 % ont été portés devant le tribunal (1 491 inculpés);

– 1 femme sur 4 en Roumanie a été agressée physiquement ou sexuellement par son partenaire (FRA 2014).

– 90 % des victimes qui demandent une ordonnance de protection sont des femmes.

 

QU’EST-CE QUE NOUS ATTENDONS DE CETTE MARCHE?

Nous condamnons le comportement agressif de certains hommes qui considèrent qu’ils ont le droit de menacer et de frapper leur partenaire ou leur ex-partenaire de vie, de violer lorsqu’ils ne reçoivent pas le consentement pour l’acte sexuel, de proférer des obscénités dans la rue et dans les transports en commun ou de harceler sexuellement des élèves, des étudiantes ou des collègues de travail.

Nous attirons l’attention sur les obstacles auxquels se heurtent différents groupes de femmes se trouvant à l’intersection entre le genre et d’autres identités, qui sont discriminées de plusieurs points de vue en même temps : parce qu’elles ont des revenus faibles, parce qu’elles n’ont pas de travail, parce qu’elles sont des femmes roms ou faisant partie d’une autre minorité ethnique ou religieuse, immigrantes, LBT, travailleuses sexuelles. Nous attirons l’attention sur la pression sociale à laquelle les femmes sont soumises, sans distinction du groupe dont elles proviennent ou de leurs vulnérabilités, afin de cacher les actes d’agression commis par les hommes à leur encontre.

Nous lançons un signal d’alarme sur l’attaque à laquelle est soumis le droit des femmes à décider sur leur propre corps. Nous nous trouvons devant une vague de conservatisme, autant en Europe qu’en Roumanie, qui a sur l’agenda le fait de restreindre le droit à l’avortement et l’accès aux moyens de contraception. La propagation et la promotion de ces idées est aussi une forme de violence à l’adresse des femmes.

Nous rappelons à ceux qui affirment que dans la famille traditionnelle il n’y a pas de violence combien d’appels aux urgences, combien de plaintes, combien de procès, combien de meurtres ont lieu chaque année dans des incidents de violence domestique. Le fait de nier l’existence du phénomène ne conduit pas à sa disparition.

Il y a des voix dans la société roumaine qui critiquent la ratification par la Roumanie de la Convention d’Istanbul. Nous voulons leur dire haut et fort et que nous ne permettrons aucun pas en arrière ! L’Etat roumain a le devoir de continuer le procès d’harmonisation de la législation nationale pour qu’elle comprenne toutes les dispositions de la Convention, ce qui assurera une protection réelle pour les victimes de la violence.

Nous sommes révolté-e-s par le fait que l’Etat n’alloue pas de fonds suffisants pour la prévention et la lutte contre la violence. Il n’y a jamais d’argent pour sauver les vies des femmes. Les vies des femmes et des enfants victimes de la violence en famille auraient peut-être pu être sauvées de 2012 à 2018 avec moins de 436 millions RON.

Il y a des voix dans la société qui nient la gravité de la violence contre les femmes. Nous voulons leur transmettre un message clair : il est inacceptable de minimiser les drames que vivent des milliers de femmes ! Une telle attitude signifie être complices des agresseurs, c’est tout.

 

QU’EST-CE QUE NOUS DEMANDONS AUX AUTORITÉS ?

  • Allouer des fonds du budget national pour des programmes de prévention, prise de conscience et éducation.
  • Modifier en urgence la législation de manière à avoir un système de surveillance des agresseurs en utilisant des bracelets électroniques.
  • Modifier en urgence le Code Pénal de manière à ce que l’enquête contre les agresseurs continue même si la victime a retiré sa plainte.
  • Que les institutions responsables de l’Etat soient saisies d’office dans le cas de la violence contre les femmes pour un nombre de 10 jours de soins, correspondant à la réalité vécue par les femmes, et non pas pour 90 jours de soins comme spécifié à présent.
  • Avoir du personnel spécialisé et formé pour gérer de façon efficace les cas de violence contre les femmes, compte tenu du risque de retraumatisation de la victime.
  • Avoir au moins un centre d’accueil spécial pour les femmes victimes de la violence dans chaque département.
  • Créer des centres spécialisés pour les cas de violence sexuelle, avec du personnel spécialisé qui agisse dans l’intérêt des victimes, par une assistance psychologique et juridique.
  • Appliquer la loi correctement et saisir d’office les institutions responsables lorsqu’on apprend l’existence d’actes sexuels avec des mineures.
  • Avoir une collaboration entre les institutions à chaque fois qu’on traite d’un cas d’agression en famille, viol, harcèlement sexuel, exploitation sexuelle. La police, la justice et le système médical doivent être des institutions qui offrent un support réel aux victimes. Les représentants des institutions doivent traiter les victimes avec dignité et professionnalisme pour les encourager à déposer une plainte et à dénoncer l’agression.
  • Avoir des programmes d’éducation, assistance et thérapie pour les agresseurs dans chaque département.
  • Transmettre un signal de tolérance zéro concernant la violence contre les femmes et inclure dans l’éducation des notions sur l’égalité de genre et pour la prévention et la lutte contre la violence faite aux femmes.
  • Avoir des moyens légaux pour arrêter la diffusion d’émissions qui dégradent les femmes, promeuvent une culture de la violence et transforment la violence en divertissement.

 

COMMENT S’IMPLIQUER ?

  1. Faites suivre l’information sur la Marche ! Encouragez les autres à nous joindre.
  2. Venez à la Marche pour transmettre un message de condamnation de toutes les formes de violence contre les femmes.
  3. Amenez des pancartes avec des messages contre la violence faite aux femmes.
  4. Transmettez un message vidéo, photo ou écrit par lequel vous condamnez la violence faite aux femmes. Merci de publier le message avec le hashtag #STOPVIF ou sur la page de l’événement.
  5. Faites un don pour soutenir les activités du Réseau VIF !

 

Le changement commence par chacun de nous.

Solidarité avec les survivantes de la violence !